"Le chat" ou "Monsieur"

Publié le 18 Mai 2016

la noirceur de la nuit

la noirceur de la nuit

Bonjour tout le monde,

j'ai constaté que les sections ne se divisaient pas comme je l'espérais, je continue à faire deux sections et j'introduis une ligne entre les deux pour définir la zone "écriture" et la zone "introduction". Cela devrait rendre la lecture plus simple puisque la séparation des deux sections sera évidente.

Je suis retournée chercher une image libre de droit, j'aime bien écrire à partir d'images, c'est un monde ouvert qui laisse l'imagination voguer sans guide.

Embarquez donc ;)

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C'est par une journée ensoleillée que je l'ai vu. Il se cachait sous le rhododendron, au fond du jardin (tiens, il redevient sauvage à force de n'être pas entretenu, lui). Je ne voyais que ses yeux qui fixaient la fenêtre à laquelle je m'étais penchée pour couper un peu de sauge officinale.  C'était notre première rencontre, en somme. J'ai fermé la fenêtre et me suis fait un petit mémo : placer une coupelle d'eau près du rhododendron.

 

Trois jours après cette rencontre, il était à nouveau là. Je le guettais depuis que je l'avais aperçu. Sans me regarder ou jeter un regard à la maison, il lapa un peu d'eau et reparti entre les troncs en bouquet. Il a très vite disparu. Je suis allée changer l'eau et déposer une boulette de viande cuite dans une petite assiette. Après tout, il peut avoir faim. Le lendemain, il n'est pas venu mais la boulette de viande avait disparu. Ce n'était sans doute pas le seul à déambuler au fond de mon jardin (j'y pense, je devrais aller cueillir quelques roses et les mettre à sécher tant qu'elles sont ouvertes).

 

Il est revenu une semaine après. Il a pris de l'eau et s'est assis en regardant vers la maison. J'avais enlevé quelques branches du bas du buisson pour pouvoir le voir. J'ai donc enfin eu l'occasion de l'observer. Il était d'un noir profond, sa fourrure reflétait la lumière avec un éclat sans pareil et ses yeux jaunes semblaient me regarder et voir à travers moi. Je me suis immobilisée près de la fenêtre, n'osant pas bouger de peur de le faire fuir. Il était vraiment beau ce chat. Je pouvais distinguer une petite tache blanche sur la poitrine. Nous sommes restés à nous regarder pendant ce qui m'a semblé être de longues minutes. J'ai dû bouger, malgré tout, pour faire bouillir de l'eau et préparer une infusion de romarin. Au moment où je me suis levée, il est parti. Une fois l'eau sur le feu, je suis allée chercher la gamelle d'eau pour en renouveler le contenu. Les empreintes dans le sol meuble étaient flagrantes, il devait être assez grand et ses deux pattes avant avaient laissé deux traces bien nettes, l'une à côté de l'autre, devant la gamelle.

 

Notre manège a continué pendant encore quelques temps, je laissais parfois une boulette de viande à côté de la gamelle d'eau, parfois pas. J'ai commencé à déposer la gamelle un peu plus près de la maison, en cherchant à la mettre dans un endroit abrité (ils ne manquaient pas au vu du grand nombre d'arbustes qui poussent à la sauvage ici). Et, petit à petit, il s'est approché. J'ai pu voir la forme de cette tache blanche : un losange. Ca donnait l'impression qu'il portait un diamant autour du cou. Il était souvent sur le qui-vive mais approchait tout de même. Un jour, je l'ai vu assis près de la fenêtre, il regardait vers le jardin et son immobilité de statue m'a tout de suite fait penser qu'il veillait sur la maison.

 

J'ai fini par l'apprivoiser un peu... Il vient dans la maison à présent, il fait le tour du propriétaire, la queue en l'air (un peu courte d'ailleurs), lèche un peu les plantes qui descendent de la jardinière, pose son derrière sur un coussin, toujours le même, puis repart en ayant l'air satisfait de son inspection. Je lui laisse sa gamelle devant la fenêtre et lui offre toujours un petit quelque chose à manger. Il se lèche les babines en arrivant. J'en ai parlé avec ma marraine, elle dit que ça montre combien j'ai évolué en si peu de temps. Si un chat noir vient de lui même dans la maison, s'il y revient, il a sans doute trouvé son foyer. Quel plaisir, j'avais donc "mon" chat noir. L'assemblée des sorcières devrait reconnaître que je me débrouillais bien.

 

Ma marraine est un jour venue me rendre visite en espérant le voir, il est resté sous le rhododendron cette journée-là. Il a refusé d'entrer et n'est même pas venu boire un peu d'eau. Elle a tout de même pu l'apercevoir de loin, heureusement. En lui versant une tasse de son thé préféré (thé vert au jasmin, dont je garde une réserve importante pour elle), je lui ai parlé de la tache blanche et elle a souri. Elle a, elle aussi, fait son tour d'inspection. Et n'a rien trouvé à redire. Je respectais scrupuleusement ce qu'elle m'avait enseigné. Chaque plante était traitée avec soin, les araignées n'étaient dérangées que dans les pièces les plus importantes de la maison, je laissais ma porte arrière ouverte (qui irait voler une sorcière, après tout) et ma collection de plantes séchées aurait pu faire pâlir d'envie un botaniste. Elle fronça juste les sourcils devant ma garde-robe dans laquelle il y avait trop de vêtements colorés à son goût. Il fallait bien que je me différencie d'elle un peu.

 

Je n'ai jamais nommé le chat noir qui me rend visite, il trouvera bien un moyen de se nommer s'il le veut. Je l'appelle "le chat" et parfois "monsieur". Je lui laisse son coussin et il vient dormir de temps en temps. Ces nuits-là, je laisse la porte de derrière entrouverte pour qu'il puisse vivre sa vie de chat. Lorsqu'il part dans la nuit, il disparait très vite. Son pelage est tellement noir que je ne le vois plus dés que je perds son diamant de vue. Je me demande... Est ce qu'il ne disparaitrait pas pour de vrai? C'est un chat de sorcière après tout. Qui me dit que quand je ne le vois plus, il n'a pas simplement disparu?

Rédigé par Magalie

Publié dans #Magie, #Brèves

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