Gaaaaatoooooo

Publié le 15 Juin 2016

Bonjour vous,

"Vous ai-je déjà dit que j'aime les gâteaux? Non? Ben...

J'ADORE LES GÂTEAUX!"

Du coup, je me suis dit que j'allais vous écrire un petit texte avec du gâteau dedans. Vous en reprendrez bien une tranche?

Et tant qu'à avoir eu du mal avec la mise en page via gsm sur l'article précédent (de mon autre blog)... Je mets la photo (toujours CCO) comme séparateur entre l'intro (oui, oui, c'est une intro) et le texte.

gateau vert

gateau vert

"T'ai-je déjà dit que j'aime les gâteaux? Non? Ben...

 

J'ADORE LES GÂTEAUX!"

 

C'est ce que me disait une amie alors même que nous nous promenions en ville. Je la connais, elle est plutôt calme et réservée, sauf en ce qui concerne les gâteaux. Donc, elle allait certainement se lancer dans la description d'un gâteau vu plus tôt. Mentalement, je prenais des notes. elle a toujours eu de bons goûts en matière de pâtisserie et je n'avais jamais été déçue par une de ses réalisations. Donc : j'écoutais attentivement. Sauf que voilà, cette fois-ci elle s'est arrêtée là. Le silence brutal qui a suivi sa phrase m'a surprise. Je l'ai regardée, elle m'a souri mais n'a rien dit. Mon cerveau, tout prêt à recevoir des images de gâteaux merveilleux s'est mis à en créer, après tout, c'était le bon moment.

Et le monde de la pâtisserie a envahi mon imagination. Cake, ganache, génoise, crème au beurre, crème chiboust, fruits, chocolat (oh oui!), caramel, épices... Tout s'emballait dans un maelstrom que je ne controlais pas vraiment et qui semblait ne pas pouvoir s'arrêter. J'ai vu passer des gâteaux aux étages de génoise au chocolat fourrés de crème vanille et de morceaux de fraises fraîches, des gâteaux renversés et épicés, des gâteaux colorés, de merveilles aériennes tracées au chocolat... Je me suis ruée, entrainant Emerilie, dans le premier salon de thé croisé et me suis jetée sur un petit dôme chocolaté accompagné d'un thé fruité. Emerilie riait en me voyant aussi affamée. Elle s'est contentée d'un morceau de tarte poire-amandes et d'un café. Mais elle voyait bien qu'elle avait déclenché quelque chose et s'en amusait. Elle a sorti un livre de son sac (toujours grand et rempli, à se demander comment elle n'a pas mal à l'épaule en permanence) et s'est murée dans le silence. Je voyais bien qu'elle regardait de temps en temps par dessus la couverture et que son oeil avait une étincelle d'espièglerie. Au bout d'un instant, je lui ai demandé si elle n'avait pas de quoi écrire dans son sac de Mary Poppins. Elle en a sorti un petit carnet dont les coins abimés indiquaient qu'il était au fond du sac depuis un moment et un crayon Ikea (petit et pratique).

 

Je l'ai laissée à sa "lecture" (tu parles, elle m'observait, oui!) et ai gribouillé des tas de choses sur son petit carnet. Des saveurs : kiwi-chocolat blanc, café-chocolat-citron vert, cerise-pomme granny smith, etc. Je me suis demandée si Emerilie était à court d'idée et venait les chercher dans ma pauvre cervelle torturée à l'idée de ces délices sucrés. Elle a fini par me prendre le carnet et en lire chaque élément. Son sourire s'est amplifié, elle rayonnait.

 

- Je le savais! Je te l'avais dit que tu avais de l'imagination pour les gâteaux. S'est elle écriée.

- Mais non, c'est toi l'experte en ce domaine Emerilie. Moi je divague un peu parce que tu m'as mis l'eau à la bouche et que tu m'as plantée! Allez, dis moi ce que tu imagines en ce moment. Quelle merveille vas-tu sortir de ton four? Tu sais bien que je serai ravie de venir t'en prendre un morceau.

- Tu ne me crois pas? Tu penses vraiment que ce que tu as écris dans ce carnet ne vaut rien? Eh bien, mon prochain gâteau sera le tien! Tu as écrit des associations de goûts qui peuvent être intéressantes, reste à trouver sous quelle forme les utiliser. Et je suis sure que tu trouveras! Tiens!

Elle me remit le carnet dans les mains, commanda un autre café, me signifiant du regard que nous ne quitterions pas cet endroit sans qu'elle ait obtenu gain de cause. J'avoue que ça m'amusait de penser à toutes ces possibilités. Et je me suis prise au jeu. Rien ne nous attendait, nous avions l'après-midi de libre et je pouvais bien tenter le coup, elle verrait que ça n'irait pas. Elle reprendrait ses recettes et nous ferait un superbe gâteau pour la semaine prochaine. Je ne prenais pas vraiment de risque.

 

Son crayon Ikea en main, j'ai repris du thé et me suis penchée sur les pages encore vierges du carnet. J'aimais bien mon idée de kiwi-chocolat blanc, mais il lui manquait quelque chose. Un élément surprenant... Du poivre peut-être? Pourquoi pas? Du poivre rose. Voilà!

Et quelle forme donner à cette association? Je me suis dit que j'allais mettre Emerilie au pied du mur en lui proposant un bavarois avec ces saveurs-là. J'ai vaguement gribouillé un gâteau bavarois : une couche de génoise, une mousse et un coulis, c'est vite fait et je n'entrais pas dans les détails. Emerilie a repris le carnet sans rien dire de plus à ce sujet. Nous avons repris notre discussion à bâtons rompus, comme toujours.

 

Je n'ai jamais passé une semaine aussi tendue. Lorsque nous nous étions quittées, elle m'avait dit qu'elle relevait le défi et réaliserait mon bavarois pour la semaine suivante. Nous avions donc pris rendez-vous pour que je me rende à son appartement afin de goûter ça. J'était sure que ça n'allait pas marcher et qu'elle aurait fait un autre gâteau. Et pourtant, j'espérais vraiment qu'elle y serait arrivée. Après tout, c'était son idée de se lancer dans ce défi. Et c'était elle qui avait la main pâtissière. Alors j'ai passé la semaine à croiser les doigts pour qu'elle y arrive. Et à rêver de ce bavarois unique en son genre. Le jour J enfin arrivé, je crois que je n'ai jamais parcouru le kilomètre et demi entre chez moi et chez elle aussi vite.

 

J'ai sonné à sa porte en trépignant intérieurement. Y était-elle arrivé? Et serait-ce bon? Elle est venue ouvrir avec son tablier où était écrit "Donut worry, I'm baking." et un immense sourire.

Ah! me suis-je dit, elle a réussi! En montant les trois volées d'escaliers menant à son appartement, elle m'expliquait déjà qu'elle avait intégré le poivre rose à la mousse au chocolat blanc pour que la mousse soit moins écoeurante et que j'avais eu une vraie bonne idée avec ce poivre. La bouilloire sifflait sur la cuisinière (Emerilie n'était jamais passée à la bouilloire électrique) et elle a tenu à me faire goûter un thé qu'elle avait déniché la veille : "Nuit à Versailles", un thé vert Dammann qui sentait extrêmement bon. Je jetais des regards pressés vers la cuisine. Elle s'est alors levée pour aller chercher ce que je devais bien appeler "notre" gâteau. Elle avait fait deux petits bavarois individuels : une couche de génoise imbibée d'un peu de sirop, une mousse blanche avec de petits points roses m'indiquant qu'elle avait laissé le poivre dans le mélange et un coulis vert vif de kiwi qui gouttait le long du bord. Je me suis immédiatement mise à saliver. Elle a sorti son gsm pour prendre le sien en photo, elle posterait certainement ce cliché sur les réseaux sociaux en fin de journée.  Chacune avec sa petite cuiller levée, nous nous sommes regardées avant d'attaquer!

 

C'était vraiment réussi. Dans la mousse, Emerilie était arivée à ajouter un insert de gelée de kiwi dont le coté acidulé répondait bien au sucre de la mousse bavaroise au chocolat blanc. Le poivre rose donnait du peps, et créait la surprise. Il s'accomodait particulièrement bien avec la génoise. C'est vrai que j'avais trouvé quelque chose de bien, au final. Je devais reconnaitre que oui, c'était réussi et que ça valait le coup de mettre mon amie au défi.

Elle m'a regardé droit dans les yeux, a repris une gorgée de thé et m'a tendu son carnet, sans un mot, mais avec un plaisir visible. Elle en redemandait.

Rédigé par Magalie

Publié dans #Brèves

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