Julie

Publié le 4 Mars 2012

Suite aux évènements des derniers jours, Julie avait décidé de prendre des vacances. Elle n'en pouvait plus des récriminations et préférait s'échapper de l'ambiance qui régnait chez elle. Bien sûr, le moment semblait mal choisi pour une escapade; elle se sentait un peu coupable mais préférait cela aux constantes disputes. Après avoir discrètement fait son sac (un gros sac de sport gris qu'elle avait rempli du nécessaire et du superflu), elle était montée dans la voiture. Une petite Mini bleu électrique, encore dans le garage. C'est au moment où le moteur a démarré qu'elle s'était faite repérée par son frère, Laurent, qui venait de sortiren rage du salon. Il avait tenté de lui parlé mais Julie avait préféré enclencher la marche arrière et sortir en vitesse du garage.

 

Une fois sur la route, elle pris à droite et accéléra. Elle partait au hasard; se fiant à sa bonne étoile. Après une demi-heure de route, elle alluma la radio, pris un CD dans le vide poche et chanta à tue-tête sa chanson préférée : "I was born to love you" de Queen. Le paysage défilait sous le soleil. Sans s'en rendre réellement compte, elle partait vers la maison de son enfance. Elle quittait la ville, ou du moins sa banlieue, prenait les petites routes et passait entre champs et fermes en s'arretant parfois dans un endroit qu'elle trouvait beau. C'est ainsi qu'elle prit en photo une toute petie chapelle à la croisée de deux chemins et sur le fronton de laquelle était écrit cette phrase : "Chrétien, courbe le front devant ce sanctuaire, ne passe pas ici sans saluer ta mère."

 

Continuant à rouler sans chercher de route précise, Julie finit par entrer dans un bois. Elle s'y arreta pour prendre le frais car le soleil tapait dur et s'assit au pied d'un arbre énorme. Allongée dans l'herbe, elle prit enfin le temps de penser un peu à la semaine qui venait de s'écouler. Quelle catastrophe! Lundi, elle avait reçu un sms alors qu'elle était en entretien d'embauche. Ce sms lui apprenait la mort de son parrain et grand-père. Elle n'avait lu le sms qu'une fois sortie de l'entretien et son premier réflexe avait été de s'asseoir, là où elle était : sur le trottoir devant l'entreprise.

 

Son parrain était le père de sa mère, il avait un ceour en or et un caractère de cochon. Ce qui avait créé des tensions au sein de la famille. Julie ne l'avait plus vu depuis des années, depuis ses 16 ans en fait, mais elle restait très attachée à son souvenir. Pendant 10 minutes, assise devant l'immeuble où elle irait peut-être travailler dans quelques semaines, elle avait repassé le film de ses souvenirs avec son parrain. Ses anniversaires à elle, les siens à lui, les fêtes de famille, les vacances parfois, les cartes postales et les cartes de voeux... Et son anniversaire de 16 ans où il était arrivé en retard, avait bu comme un trou, cassé 2 chaises et une table avant de partir en baragouinant quelque chose que personne n'avait compris. A partir de ce jour, Julie avait coupé court à toute tentative de contact venant de son parrain, et sa famille l'y avait encouragée.

Rédigé par lecahierbavard

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