Regard de fée [deuxième partie]

Publié le 19 Février 2015

Réveillé par la chaleur du soleil sur sa joue, Jean ne se rappelait pas s’être endormi. Rassuré par la lumière du jour, il sortit du cercle. S’orientant en espérant que le soleil se lève bien à l’Est dans ces contrées. Il avançait droit devant lui en sifflotant. Bientôt, un bosquet d’arbres se profila à l’horizon. Jean accéléra imperceptiblement en direction de ces quelques arbres où il trouverait peut-être quelque chose à manger. Heureusement pour lui, tous les arbres de ce petit bosquet s’avérèrent être des pommiers. Il ramassa bien vite une pomme tombée, la frotta contre la manche de sa chemise et voulut la croquer. Ses dents glissèrent sur une peau plus dure que du bois. Après trois tentatives, il lâcha la pomme et celle-ci retourna se loger d’elle-même précisément dans le creux où Jean l’avait ramassée. Énervé et affamé, il tenta de cueillir une pomme d’un des arbres mais elle ne se détacha pas, tout comme les autres pommes qu’il tenta de faire tomber ou de cueillir. De plus en plus énervé, et toujours affamé, il partit à grands pas sans chercher à s’orienter par rapport au soleil. Une grande étendue de graminées s’ouvrait, à nouveau, devant lui. Sous un soleil de plomb et avec un ventre gargouillant à chaque pas, il avançait au hasard. Occupé par sa faim, il ne perçut pas tout de suite le changement qui se produisait autour de lui. Les graminées cédaient le terrain à des fleurs aux couleurs vives : bleu électrique, vert émeraude, rouge carmin et jaune canari. Un tapis de mousse amortissait le choc de ses talons contre le sol jusque-là sec de la plaine. Lorsque Jean vit trois arbres penchés sur un petit ruisseau, il ralentit. Au fond, il espérait que ce soient des arbres fruitiers mais il craignait la même déception que dans le bosquet de pommiers. Les arbres portaient bien des fruits, mais inconnus de Jean. Il en prit un dans ses mains afin de l’inspecter. Il était orange, à la peau brillante, et sa forme étaient indéfinissable car elle changeait sans cesse : s’adaptant rapidement à ce qui la touchait. Suspendu, dans l’arbre, le fruit avait une forme de goutte, mais dans la main de Jean, elle s’était affaissée, molle. Jean en déchira la peau orange et une pulpe gélatineuse verte en sortit. Léchant ses doigts, Il tenta de ne rien perdre de cette nourriture providentielle. Il but de l’eau au ruisseau et s’installa sous l’arbre duquel il avait cueilli le fruit. Il prit une fleur entre ses doigts et lui enleva ses nombreux pétales un à un, en réfléchissant.

Rédigé par lecahierbavard

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