Le regard de fée.

Publié le 28 Janvier 2015

Tout commença par les beaux yeux de la fée.

 

Enjôleurs, ils avaient attiré Jean près de la clairière et l’invitaient à entrer dans le cercle de pierres. Jean sentait confusément que ce n’était ni le moment, ni le lieu où il aurait dû être. Des souvenirs de feu dans un âtre, de présence chaleureuse, de voix apaisantes tentaient de faire surface. Une autre partie de lui fixait toujours ces yeux et oubliait tout ce qui l’entourait. Faisant un pas de plus, Jean entra dans ce cercle qu’il aurait dû fuir !

 

La fée se tenait au centre, elle souriait doucement, laissant un souffle de vent jouer avec ses cheveux et caressant du bout des doigts les graminées qui poussaient dans le cercle. Assise sur la pierre qui en marquait le centre, elle semblait sortie d’un monde où seuls les êtres magiques avaient leur place. Jean s’approchait doucement de cette fée qui le fascinait. Pas à pas, il marchait dans le cercle de pierres. Pourtant, la fée semblait être toujours à la même distance. Perdu par cette impression, il s’arrêta pour cligner des yeux aussi fort qu’il le pouvait… Espérant se réveiller dans son lit, près de l’âtre, chez ses parents. Doucement, il ouvrit les yeux… Pour se rendre compte que le paysage avait changé. Le cercle de pierres était toujours là, mais pas les arbres autour, seule une prairie de graminées s’étendait jusqu’à l’horizon. La fée, elle, avait tout bonnement disparu. Abasourdi, Jean s’assit sur la pierre centrale, celle où s’était trouvée la fée un instant plus tôt. Il la chercha à travers l’étendue plane et ondulante qui s’offrait à son regard. Le soleil passa sous l’horizon sans qu’il ait bougé de sa pierre. Lorsque les étoiles s’allumèrent, il se laissa glisser sur le sol et s’allongea sur le dos, cherchant des repères sur la voûte étoilée. Il ferma les yeux et s’endormit. Un bruit étrange le réveilla en sursaut. Il lui avait semblé entendre un cri bref et aigu tout près de lui. Il tendit l’oreille pendant de longues minutes mais rien ne survint. Cependant, tous ses sens en alerte, il préféra se lever et faire le tour du cercle, n’osant pas encore en sortir. Il n’entendait que le vent qui soufflait doucement sur les herbes de la plaine, pas de cri d’oiseau nocturne, pas d’insectes au chant strident, pas de signe d’une vie autre que végétale. Angoissé par ce silence, Jean s’installa à nouveau sur la pierre centrale, grelottant dans le froid de la nuit.

Rédigé par lecahierbavard

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F
Très beaux texte, vivement la suite
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F
Très joli texte inspiré d'un beau regard. Vivement la suite!
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