Première tentative.
Publié le 13 Avril 2016
Bonjour,
Je tente de réanimer ce blog et vais vous proposer un format bien précis pour ne pas me perdre dans les méandres de mes pensées et de mon imagination.
En résumé, mon projet est de vous proposer un texte court (max trois pages a4 manuscrites) tous les mercredis. Je mettrai le texte comme deuxième section et profiterai de la première section pour introduire un peu le contenu.
Donc, pour aujourd'hui, j'ai écrit ce texte en le construisant d'après le première phrase, trouvée dans un vieux livre, qui a éveillé mon imagination. Je cherchais une "writing prompt" avant de me rendre compte que je dispose d'un certain nombre de livres qui, en étant ouverts au hasard, peuvent me servir à ouvrir les portes des possibles.
Bonne lecture!
Magalie
"Et je vous demande mille fois pardon de mes infidélités passées."
C'était la dernère phrase d'une lettre trouvée au grenier. Assise dans un vieux fauteuil dont les couleurs délavées et l'assise défoncée trahissaient l'âge, elle n'arrêtait pas de relire ces quelques mots. Ils lui semblaient venir d'un temps tellement lointain que la lettre aurait dû commencer par : "Il était une fois"...
Céliane ne s'était jamais doutée de ce que la vie avait réservé à sa grand mère. Pour elle, c'était une dame aux cheveux blancs en chignon, aux yeux bleu clair et aux rides pleines de sourires. Dans le silence du grenier, tout en haut de la maison vide, Céliane venait brutalement de prendre conscience que sa Mamy avait d'abord été une jeune femme pleine de vie, d'envies, de désirs et de rêves avant d'être une vieille femme qui connaissait le secret de la meilleure gelée de framboise et dont les mains sentaient la crème au Calendula. Fébrilement, un peu honteuse d'avoir lu ces lettres intimes, elle remit le papier dans l'enveloppe ouverte bien des années auparavant au coupe-paier et dont s'échappaient quelques myosotis séchés.
En se relevant, elle frotta la poussière sur les manches de son gilet quand elle se demanda si sa mère savait. Elle retomba dans le fauteuil qui laissa échaper un grincement de mauvaise augure. La lettre faisait partie d'une correspondance destinée à M. Camille Grandin, son grand-père, qui avait soigneusement empaqueté tous ces messages dans une boîte en carton maintenue fermée par de la ficelle qu'elle avait coupée pour ne pas devoir perdre de précieuses minutes à défaire le noeud complexe.
Quel choc.
Et quel amour aussi. Un amour qui avait surmonté des épreuves avant de pouvoir s'épanouir. Un amour qui avait dû se faire petit avant d'éclater comme une évidence. Céliane était admirative. Ce qu'elle venait de lire lui faisait aimer ce jeune M. Grandin qui avait attendu que la femme qu'il aimait lui revienne et qui avait conservé toutes les lettres, même celle-là. Elle ne put s'empêcher de tracer un parallèle avec ce qu'elle vivait, son désir immense de liberté et de course folle, les cheveux au vent. Cette énergie qui l'envahissait parfois en lui donnant envie de tout laisser tomber : les études, le petit ami, les parents, tout! Pour partir loin sans se retourner. Elle ne le faisait pas, raisonnant simplement cet élan qui la faisait rêver au grand jour en envisageant ce qui pouvait arriver de pire si elle lui cédait. Et puis... Elle n'était pas sûre qu'il l'attendrait, lui dont elle partageait les nuits depuis plusieurs mois et qu'elle aimait immensément.
L'attendrait-il?
