rêve (Partie 3)
Publié le 10 Mars 2013
Après avoir anxieusement attendu qu'un bruit ou un mouvement leur indique la présence de quelqu'un et l'attente se révélant inutile, ils purent reprendre leur discussion.
- Sais tu quand arriveront les autres?
- Ecoute Eric, je sais que Mariana s'est mise en route avant moi pour te rejoindre et suis d'ailleurs étonné qu'elle ne soit pas encore là. J'ai prévenu Baptiste en passant par son village. Il a dit se mettre en route deux jours après mon passage, s'il avance à marche forcée, ce qu'il fera sans doute, connaissant sa fougue, il sera là demain soir normalement. Le seul dont je n'ai vraiment aucune nouvelle est Hugues. Je ne sais même plus où il vit. J'espère seulement que Mariana ou Baptiste le savait et a pu le prévenir. Attendons demain. Normalement nous verrons arriver Baptiste en fin de journée. Nous pourrons alors nous expliquer les uns les autres ce qui nous amène à nous retrouver avec un an d'avance. Je ne peux vraiment pas en dire plus. Et j'ai grandement besoin de sommeil.
- Je comprends, François. Je suis inquiet cependant. Enfin... Je n'ai sans doute pas le choix. Ou plutôt, je l'ai fait il y a déjà 5 ans. J'espère que tu trouveras le sommeil. A demain.
Sur ces mots, Eric se leva , frissona en quittant la zone réchauffée par le feu et entrepris de rentrer chez lui à la lueur de la torche. Il s'abritait d'avant-toit en avant-toit le long de chemin afin qu'elle ne s'éteigne pas. Il était tout de même completement trempé en poussant la porte de son logis. Sa femme s'empressa de lui oter son manteau pour le suspendre près du feu qu'elle avait entretenu en attendant son retour. Elle s'accrocha à son cou pour plonger son regard dans celui de l'homme qu'elle aimait. Ce qu'elle y vit ne la rassura pas : une grande inquiétude assombrissait ses yeux si lumineux la plupart du temps. De plus, les muscles de ses épaules étaient terriblement tendus, comme s'il portait un poids énorme. En silence, Eric mis sa tête dans le cou de sa femme, inspira profondément l'odeur qu'il aimait tant. Ils s'assirent à la table. Et Eric parla enfin. Il expliqua à Héloise que l'homme qui avait débarqué sans crier gare était un compagnon rencontré bien des années plus tôt. Et qu'il était arrivé avec un an d'avance... D'autres compagnons devaient les rejoindre dans les jours à venir. Il allait falloir les loger à la grange et ne faire aucun commentaire sur leur présence. Eric espérait surtout que les enfants n'en parleraient pas de trop autour d'eux. Il savait que s'il demandait le secret, sa fille ainée en parlerait dés que possible à son amie et que la nouvelle serait connue de tous bien trop rapidement. Il préférait donc ne pas aborder le sujet.